Radicalisation de bout de trottoir

dimanche, octobre 11, 2015 2 2
radicalisation

 

C’est l’histoire d’un petit bonhomme un peu gris, mais pas méchant, qui sort seul le soir et cherche de la compagnie. C’est l’histoire d’un bonhomme gris, pas méchant qui se fait mettre de côté par les gens. Il y a quelque chose qui ne va pas. Bonhomme gris qui t’apostrophe et se plaint, carte d’identité dans la main, qu’il est gentil pas méchant, bien sous tout rapport, mais que personne ne veut de lui. Gris d’être rejeté, alors qu’il a une belle situation, mais gris d’être seul à 32 ans. C’est le bonhomme de ta commisération du soir, celui dont tu tentes d’apaiser les yeux agités, de plus en plus, convulsés. Et puis comme il est seul, l’homme gris est méchant. Il crache par terre et t’éructe qu’il attend la guerre civile. Qu’il sera content quand les blancs, noirs, arabes, juifs, musulmans, athées, unijambistes, commerçants, ouvriers, contorsionnistes, restaurateurs, diseuses de bonne aventure, montreuses d’ours, avocats, bricoleurs, saltimbanques, comptables, horlogers, techniciens de surfaces, hommes, femmes, enfants, de tous les âges, de toutes les divagations… TOUS, nous nous entre-tuerons. De sa solitude du soir, il te justifie sa haine des autres. Radicalisation de n’être pas écouté et de pas avoir tiré son coup surtout. Petit bonhomme gris d’intolérance, à pousser les autres pour se faire de la place, à vouloir qu’ils disparaissent parce qu’il n’existe pas à la mesure des ses attentes. Petitesse dont tu t’occupes malgré l’abomination du dire, parce qu’il faut commencer par changer le monde là où l’on peut, sur le trottoir festif du samedi soir. Parce ce que ce qu’il réclame avec sa haine c’est de l’amour, ce qu’il exige agressif c’est du partage. Mais tu ne peux pas tout excuser. Petit bonhomme, ni bon, ni homme, juste petit d’une frustration dont tu exploites mal l’énergie.

 

Petit, tu m’as fait mal au monde.

 

radicalisation

 

C’est ma rencontre d’hier soir, à rentrer chez moi gorge et pieds noués.

Pleurer que la radicalisation naisse aussi du manque de l’autre, hoqueter que la haine vienne au monde si facilement, légitime pour celui qui se sent seul.

Gargarisme de l’autre qu’endure mon altruisme.

 

On écoute Petit Bonhomme des Wriggles [indispensable], on retourne avec les gens beaux de tolérance et on se donne de l’amour en commentaires. Mon Peace Unity Love and Having Fun, n’aura jamais été autant le bienvenu.
2 Comments
  • vester
    octobre 15, 2015

    C’est un très beau texte…

    • Votrefillecherie
      octobre 16, 2015

      Merci 🙂
      Les rencontres incongrues des rues rennaises ne sont hélas, pas toujours heureuses…

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