Derrière l’objectif de Jamel Shabazz

dimanche, février 22, 2015 4 6

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Aujourd’hui je vous présente l’un de mes photographes préférés : M. Jamel Shabazz.

Né à Brooklyn en 1960, il assiste adolescent à l’émergence de la culture Hip Hop et à son influence grandissante sur son entourage. Un matin son père, photographe de l’US Navy, lui apporte le livre de photographies Black in white America de Leonard Freed. C’est le déclic. A 15 ans il se munit de l’appareil photo de sa mère pour immortaliser les habitants de son quartier et devient le précurseur de la street photography.

 

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Sans même s’en rendre compte il a su figer l’Histoire dans ses clichés. Véritable ethnologue, ses photos témoignent de la naissance de l’un des mouvements culturels les plus importants de la fin du 20ème siècle. Il documente un style de vie émergent de la rue, dont l’indice le plus ostentatoire est le streetwear, un bouleversement des codes vestimentaires assumé par la jeunesse.

Photographiant les habitants de son quartier de Red Hook à Brooklyn, Jamel Shabazz devient l’anthropologue majeur du mouvement Hip Hop, il en capte l’élan dans ses portraits improvisés : des inconnus prennent la pose derrière leur ghetto blaster, arborant fièrement les dernières sapes à la mode dont on ne peut que souligner la résurgence en 2014-2015 : Bob, Superstar et Stan Smith…

 

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Témoin d’une époque, il dévoile les ravages du crack dans les ghettos New-Yorkais, la détérioration du métro dont il fait l’un de ses terrains de prédilection. Il illustre l’invasion des baskets, des chaînes en or et autres accessoires bling bling, suite aux pillages des magasins de son quartier durant une coupure de courant en juillet 1977.

 

« The subway is like my gallery »

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Ce que j’aime dans ses photos, ce sont toutes ces individualités portées par la force d’une même culture, leur volonté arrogante d’être cool derrière leur b-boy stance attitude, bras croisés et menton levés, cette impression d’unité dans le métissage. Jamel Shabazz rend immortel un style de vie, qui à bien des égards est encore le nôtre.

 

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Photographe de l’instantané il devient celui de l’Histoire.

 

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« My work is centered on documenting world history and culture for generations to see and learn from. »

 

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Pour aller plus loin on regarde le documentaire Jamel Shabazz Street Photographer de Charlie Ahearn réalisé en 2011, mais surtout, on se procure l’un de ses trois livres publiés :

Back in the Days [2001]

A Time Before Crack [2005]

Seconds of my life [2007]

 

Jamel Shabazz officie encore et l’on peut suivre son travail sur son site ou son facebook.

 

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Le Hip Hop, Jamel Shabazz et les ghetto blasters j’en parle déjà un petit peu ici.

Et toi quel photographe t’emmène à Brooklyn ou ailleurs ?

Les mots de Jérôme Ferrari

mercredi, février 18, 2015 0 7

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Le Sermon sur la chute de Rome m’a tenté dès sa sortie et son succès de 2012, pourtant je ne l’ai acheté que le mois dernier, dans un élan de divertissement, une volonté de lever le nez du programme de l’agrégation. Mauvaise pioche. Le roman de Ferrari s’inscrit directement dans la lignée des trois romans de « la fin d’un monde » que nous étudions : Le Temps retrouvé de Proust, La Marche de Radetzky de Roth et Le Guépard de Lampedusa. Cette lecture ne m’a donc pas apporté la bouffée de légèreté que j’étais venue y chercher, mais elle m’a tout de même donné envie de m’y replonger à tête reposée pour l’apprécier davantage.

 

« Peut-être Rome n’a-t-elle pas péri si les Romains ne périssent pas. »

 

Roman eschatologique, dont l’intertexte majeur annoncé dès le titre – Les Sermons de Saint Augustin – est le fil conducteur, ce récit nous dévoile l’intimité d’une famille aux rapports distanciés. L’empathie ne semble jamais s’établir entre les personnages dont la vie n’a pas commencé, incapables de trouver leur place dans le cercle familial comme dans le monde, irrémédiablement vidés par le temps qui passe. On assiste à ce bal de destins stériles dans la salle d’un bar corse, et on apprend à accepter de n’être originaires d’aucune terre, d’être nés de l’absence dans une époque sclérosée. On y fait l’expérience de l’avilissement, de la vacuité humaine et des gargarismes éthyliques, mais surtout celle du renoncement.

 

« Libero avait cessé de rêver depuis longtemps déjà. Il reconnaissait sa défaite et donnait son assentiment, un assentiment douloureux, total, désespéré, à la stupidité du monde. »

 

Une vision du royaume terrestre par le prisme de la finitude.

Belle et noire. Pessimiste et humaine.

 

« Ce que l’homme fait, l’homme le détruit. »

 

Jérôme Ferrari tire ses personnages des limbes pour mieux les y faire redescendre.

Irrévocablement.

 

« Où iras-tu en dehors du monde ? »

 

On assiste à la chute un verre de Pastis à la main en écoutant le chant corse Sintineddi.

De l’amour avec REMED

dimanche, février 15, 2015 0 3
On clôture cette semaine spéciale Saint Valentin avec l’artiste REMED, un peintre qui officie sur murs comme sur toiles pour notre plus grand bonheur. De l’amour en couleurs, des couples en fusion, du désir en rondeur et en géométrie. Un coup de coeur à mettre dans le vôtre.

 

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A continuer d’enlacer sur son site et son Facebook

 

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