Les mots de Matthew Lewis

mercredi, décembre 20, 2017 0 2

 

J’ai lu rapidement le roman gothique Le Moine de Matthew Lewis, captivée par les deux intrigues désuètes qui s’y entrecroisent : des histoires d’amour et d’honneur, des mères souffrantes, des nobles jeunes hommes plein de courages et des jeunes filles sans protection. Je l’ai ouvert un peu par hasard, charmée par l’édition dorée et à l’encre violette des « Chefs-d’oeuvres de la science fiction et du fantastique ». Situé juste après Frankenstein et Dr Jekyll et Mr Hyde, ce récit ne pouvait qu’être à la hauteur des deux classiques le précédant, une hypothèse initiale en partie confirmée par cette lecture.

 

« Vous êtes jeune, et vous débutez dans la vie, dit-il. Votre cœur, neuf au monde, et plein de chaleur et de sensibilité, reçoit avidement ses premières impressions. Sans artifice vous-même, vous ne soupçonnez pas les autres d’imposture et, voyant le monde à travers le prisme de votre innocence et de votre sincérité, vous vous imaginez que tout ce qui vous entoure mérite votre confiance et votre estime. Quel malheur que de si riantes visions doivent bientôt se dissiper! Quel malheur qu’il vous faille bientôt découvrir la bassesse du genre humain, et vous garder de vos semblables comme d’autant d’ennemis ! »

 

Le huis-clos religieux de ce roman renforce la puissance de l’intrigue : le lecteur en pénètre certains secrets mais reste à la porte d’autres. Il s’inquiète du destin des personnages, émet des suppositions et se fait surprendre par un dénouement qui ajoute à l’horreur de la peinture de l’âme humaine donnée par ce récit. Le moine Ambrosio, personnage éponyme, n’est vertueux que par vanité, et si l’on se laisse d’abord prendre d’admiration, à l’exemple de l’assemblée qui écoute ses prêches avec dévotion, il nous dégoûte bientôt par ses crimes odieux.

 

« Il ne savait pas combien le vent de la popularité est infidèle et qu’il suffit d’un moment pour faire l’objet de la détestation universelle de celui qui, hier, était l’idole de tous. »

 

Il faut croire que j’ai un faible pour les romans qui se déroulent dans l’enceinte de couvent. Après La Religieuse de Diderot, j’ai pris plaisir à passer de nouveau les murs épais de ces maisons de Dieu pour en découvrir ses serviteurs emplis de vices : un moine lubrique, une mère supérieure tortionnaire envers toutes ses jeunes brebis perdues, qui ont souvent prononcé leurs voeux sous la contrainte. J’ai beaucoup moins aimé l’apparition de la magie noire, les invocations à Satan et les cérémonies ésotériques. C’est donc finalement le caractère fantastique de l’oeuvre qui a quelque peu restreint mon enthousiasme.

 

« Ce n’est plus le saint qui m’émeut en toi, mais l’homme ! Je t’aime avec ma chair, non avec mon esprit ! Je n’ai que faire d’une amitié de mots, d’un sentiment qu’on ne touche pas ; je te veux, toi, dans ta forme périssable… »

 

Si vous aimez les intrigues macabres  se déroulant au XVIIIème siècle, si vous voulez assister à des premières rencontres pleines de convenances et entendre des récits de sauvetage, si vous voulez vous rassurer sur la condition des droits des femmes actuelle, alors courez lire Le Moine De Matthew Lewis. Une lecture parfaite sous un plaid au coin du feu, ou d’une bougie.

 

Quel roman gothique ou fantastique avez-vous à me conseiller ?

 

Atelier d’écriture 2

dimanche, décembre 17, 2017 0 1

     

        Salut sœur. C’est moi. C’est Souleyman. Le temps sur toi n’a rien abîmé. La distance ne t’a pas usée, tu as toujours la belle couleur de notre Terre, une Terre qui pourtant a perdu de sa chaleur…

       Tu es belle sœur. Tu me sers un café et je vois que tu es grosse. Tu es encore emplie de vie comme une mangue juteuse et moi ton frère je viens faner un peu cette beauté. Je vois bien que le plaisir de me voir, là, sur ton palier, n’a pas éclaté comme il aurait du. Je vois bien que ta bouche n’a pas ri comme avant, que dans tes yeux il y a quelque chose qui s’agite et qui s’inquiète, là, de me voir devant mon café sans y toucher. Tu dois savoir un peu, avec la radio et le téléviseur, tu dois savoir un peu ce qui est arrivé aux souvenirs que tu as laissés là-bas, au pays. Ils sont morts ma sœur. Tes souvenirs sont morts, oublie-les. Tu regardes mes mains crispées sur mon café tiède. Tu regardes et tu attends. Je te connais ma sœur, tu retiens tes lèvres qui voudraient s’ouvrir et me questionner. Je connais ta pudeur. Je vais te dire, avant que tes enfants ne rentrent de l’école, avant qu’ils ne te demandent qui est ce jeune homme cassé sur la chaise de la cuisine.

        Je suis là ma sœur, mais je suis seul et les autres ne viendront pas. Je me suis caché dans un sac de voyage quand ils sont arrivés chez nous. C’est la tante qui m’y a roulé en boule. C’est la tante qui a sauvé le petit Souleyman. Elle m’a dit de ne pas bouger. Je n’ai pas bougé ma sœur, et je suis là. Je n’ai pas bougé mais je n’ai pas pu ne pas entendre. Je ne peux pas te dire. Le café n’est pas encore froid et tu pleures déjà, silencieuse, pour ne pas m’interrompre. Tu peux pleurer ma sœur, ils ont tout tué de notre passé, même le chien, d’un coup de machette.

        Voilà.

        Nous sommes orphelins ma sœur… Ils sont entrés nos frères de même couleur, nos voisins du même pays et ils en ont arraché les racines, comme si nous n’étions pas nés de la même terre, comme si nous ne partagions pas le même ciel.

       Je suis là ma sœur, parce que je suis resté six jours dans une valise. Je suis là parce que je n’ai pas bougé et que je n’ai plus rien que toi. Je suis Souleyman ton petit frère. Je porte un nom qui n’a plus de Terre, et je viens chercher chez toi l’hospitalité d’une nouvelle vie. Une vie d’orphelin où nous serons deux, ma sœur.

        Tes enfants vont rentrer de l’école et mon café est froid. Tu m’en ressers un autre. Je le bois.

        Essuie tes larmes, je vais rencontrer ma famille.

Mes hommes à femmes – Drag Queen

lundi, décembre 11, 2017 0 2

 

Aujourd’hui je voudrais vous partager un bout de ma fascination pour ces hommes qui subliment la féminité. Les Drag Queen. Par le maquillage, ils se transforment, se créer une nouvelle personnalité irisée de charme et de fatalité. Ces reines qui osent se réinventer et qui me donnent envie de prendre mes pinceaux pour me transformer à mon tour, le temps d’une photo ou d’une soirée. Ceux qui se parent de différence avec magnificence et agrandissent la vie de paillettes.

Voici trois de ces créatures somptueuses pour mettre de la fantaisie dans notre quotidien.

 

L’envoûtante Shea Coulée et ses photographies fascinantes.

Site : Shea Coulée

 

 

Violet Chachki irrestiblement burlesque.

 Premier Drag Queen à être modèle pour une marque de lingerie « féminine ».

Site : Violet Chachki


 

La diva Bianca del Rio haute en couleurs, décalée et vintage à souhait.

Site : Bianca Del Rio