Les mots d’Alexandre Dumas

mercredi, août 30, 2017 2 2

 

Il est des classiques dont on espère le ravissement, d’avoir précautionneusement choisi le bon moment pour le lire, d’avoir attendu des années avant de s’y plonger. Lorsqu’on m’a offert Les Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas, j’ai été surprise par l’épaisseur du volume, et ai eu peur de ne jamais en venir à bout. Et pourtant, c’est sans compter le charme désuet de ce roman de cape et d’épée qui vous plonge dans la France de Richelieu et Louis XIII. Les duels s’y succèdent sous les coups d’amours, les intrigues s’y nouent en des lettres cachées dans des doublures de pardessus, les morts y tombent comme des cartes abattues par les mains charismatiques d’Athos, Aramis, Porthos et d’Artagnan.

 

« Don Quichotte prenait les moulins à vent pour des géants et les moutons pour des armées, d’Artagnan prit chaque sourire pour une insulte et chaque regard pour une provocation. »

 

Les personnages d’Alexandre Dumas nous tiennent en haleine, leur amitié entière est la véritable richesse de ce roman, dont on rit souvent des femmes qui tombent en pâmoison et de l’inconstance des humeurs masculines. L’ambition de d’Artagnan à devenir mousquetaire, justifie ses actions d’éclat, ses élans téméraires et fantasques, mais toujours les plus malins, allant jusqu’à tromper le lecteur.

 

« Ce n’étaient que chimères et illusions ; mais pour un amour réel, pour une jalousie véritable, y a-t-il d’autre réalité que les illusions et les chimères ? »

 

Il est parfois bon de retomber dans le manichéisme le plus primaire, de se laisser bercer par des intrigues dont nous sortirons non affectés, mais indéniablement charmés par cette histoire des plus divertissantes.

 

« Il était prêt à aller au bout du monde pour la chercher. Mais le monde a bien des bouts, par cela même qu’il est rond; de sorte qu’il ne savait de quel côté se tourner. »

 

 

Avez-vous lu ce livre ou d’autres romans d’Alexandre Dumas ?

 

Les mots de Jack London

mardi, août 8, 2017 0 1

 

J’ai lu beaucoup de livres dernièrement qui m’ont énormément plu, mais refermés, aucun n’a déclenché l’impérieuse nécessité de le partager. Il a fallu attendre Martin Eden pour être prise de ce devoir de l’injonctif : il faut lire Martin Eden de Jack London qui mérite à d’innombrables égards sa réputation de chef-d’oeuvre.

 

« La vie volait haut. Sa fièvre ne retombait jamais. Le bonheur de créer, qui était censé n’appartenir qu’aux dieux, était en lui. Et en lui était la vraie vie ; tout le reste, les odeurs de lessive et de légumes pourris, le débraillé de sa sœur et les ricanements de Mr Higginbotham, n’était qu’un rêve. Le monde réel était dans son esprit et les histoires qu’il écrivait en étaient l’expression. »

 

Il est rare d’avoir autant d’empathie pour un personnage si gauche, de suivre son apprentissage des mots avec tant de tension, de le porter à bout de notre attention puis de mécroire en lui quelques pages plus loin. Manipulés par les ficelles d’un récit maîtrisé qui nous chaloupe, nous berce d’haut-les-coeurs à découvrir les roulis d’une vie mouvementée. Martin est séducteur sans y penser, mais ce sont les mots de Jack London, son habilité à nous subjuguer pour un univers qu’il connaît comme sa poche, et qu’il nous laisse percevoir par son fond éculé, qui nous trompe et nous ravi.

 

« Comme une trop forte lumière blanche blesse les yeux fatigués d’un malade, la vie consciente le blessait et il était aveuglé de son éclat. » 

 

Il faut lire Martin Eden pour la scène de rencontre initiale dont les impressions sensorielles vous engonceront de nouveau dans vos propres moments de gêne et de ravissement. Il faut lire Martin Eden pour son abnégation suicidaire pour la Littérature, pour sa capacité naturelle à s’élever au dessus de la crasse, comme au dessus des bourgeois empêchés de vivre. Enfin il faut le lire jusqu’à la toute fin pour découvrir l’un des plus bels excipit qui m’ait été donné de lire, une résolution sublime pour une vie d’incompréhension.

 

La vie n’est, je crois, q’une gaffe et qu’une honte.

 

Alors le personnage de Martin Eden sera avec vous en toute chose, et épaissira votre regard de sa fureur de tout savoir, de son destin sans compromis.

Les photos décoiffantes de Medina Dugger

mercredi, juin 28, 2017 0 1

 

Photographe californienne travaillant à Lagos, Medina Dugger immortalise les coiffures traditionnelles nigérianes dans cette série de photographies pop… Revitalisées, les nattes collées, les tresses et rajouts, se rappellent au monde de l’art. Tissées de tant de doigts, œuvres d’art à part entière, le savoir faire africain est exposé en montages colorés. Dans la rue ou dans un musée, des images à nous décoiffer, à rompre notre quotidien capillaire et à nous insuffler des envies d’aller chez le coiffeur.

 

 

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