Les mots d’Oscar Wilde

samedi, novembre 17, 2018 0 1

Se replonger dans une lecture d’adolescence à l’occasion du #ReadingClassicsChallenge2018, c’est retomber sous la coupe d’Oscar Wilde, de ses mots désuets et raffinés, de son cynisme empourpré dont on s’enveloppe confortablement le temps d’une lecture pour encourir la monstruosité des personnages.

 

« Les fidèles ne connaissent que le côté banal de l’amour : ce sont les volages qui en connaissent les tragédies. »

 

Le Portrait de Dorian Gray est l’occasion de grandes considérations sur le sens de l’existence, de la beauté et de l’art. A l’innocence immaculée du jeune protagoniste s’oppose l’inconvenance sophistiquée de Lord Henry qui l’initiera à l’immoralité.

 

« Ce sont les personnes qui n’aiment qu’une fois dans leur vie qui manquent de profondeur. Ce qu’elles appellent leur constance et leur fidélité, je l’appelle, moi, léthargie de l’habitude ou manque d’imagination. La fidélité dans la vie affective correspond à l’esprit de suite dans la vie intellectuelle ; c ‘est simplement un aveu d’échec. »

 

Vous trouverez dans ces pages des passions gâchées et des tragédies gâtées, de la déliquescence cravatée, de la misogynie jamais voilée, des femmes en pâmoison et des hommes à tout oublier.

 

« Ce que le ver est au cadavre, ses péchés le seraient à l’image peinte sur la toile. Ils en abîmeraient la beauté en dévoreraient la grâce. Il la souilleraient, la déshonoreraient. Et pourtant elle continuerait de vivre, elle serait toujours vivante. »

 

La force de ce roman réside dans cette confrontation entre l’intellect et le cœur, dans ce paroxysme de maîtrise des passions en un portrait vieillissant de ce que son modèle refoule. C’est ce fantasme fantastique et angoissant, de tout réaliser sans jamais vieillir et être tourmenté, ce vœu exaucé, qui interroge le lecteur dans la concrétisation de ses propres désirs, dans sa part au destin d’autrui.

 

« Le passé pouvait être annihilé par le regret, la négation ou l’oubli. Mais l’avenir était inévitable. Il y avait en lui des passions qui se trouveraient une terrible issue, des rêves qui rendraient réelle l’ombre des maléfices. »

 

Un classique qu’il faut découvrir ou relire pour sa culture générale et pour l’horreur qu’il procure. Pour le charme de ses personnages et décors d’autrefois, pour ces discours comme des généralités qui hérissent nos poils, bien plus que d’imaginer le visage d’huile sur toile de Dorian Gray se gangrener au fil des années.

 

« Je vais semer des pavots dans mon jardin. »

 

L’avez-vous lu ? Avez-vous un autre texte d’Oscar Wilde à me conseiller ?

 

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