Les mots d’Elena Ferrante

dimanche, juin 4, 2017 0 1

 
Il est des livres dont les personnages participeront désormais à notre vision du monde. Il est des livres que nous lirons tous, dos courbé dans le métro bondé, pour faire le même voyage. Il est des livres dont l’écriture au plus simple nous transporte au plus loin, à découvrir un pays, une ville de caractères enchevêtrés, dans des rues à nous faire grandir, nous, lecteurs de son histoire à partager. Il est des livres qu’on ne peut refermer avant le tout dernier point, dont on attend le suivant sans oser en ouvrir un autre. Et me voilà à guetter le prochain tome, à compter les mois qui me séparent de mes retrouvailles avec Lénù et Lila.

 

« C’était une vieille crainte, une crainte qui ne m’était jamais passée : la peur qu’en ratant des fragments de sa vie, la mienne ne perde en intensité et en importance. »

 

L’amie prodigieuse est le récit addictif d’une amitié ballottée par les conflits d’un quartier napolitain. Entre tradition et modernité, un univers resserré, qui peine à laisser les protagonistes s’émanciper. La saga nous offre des portraits magnifiques, d’hommes et de femmes dans le tourbillon d’une époque noire, où les intérêts de chacun se fondent en passions, les nourrissent ou les anéantissent. Des rebondissements sur le fil ténu des liens du sang, des origines engluées des rues sales et moroses, auxquelles on revient toujours.

 

« Il y avait une part d’insoutenable dans les choses, les gens, les immeubles et les rues : il fallait tout réinventer comme dans un jeu pour que cela devienne supportable. L’essentiel, toutefois, c’était de savoir jouer, et elle et moi -personne d’autre – nous savions le faire. »

 

Il faut lire la saga d’Elena Ferrante pour ne plus s’arrêter, renouer avec un plaisir de lire entier. Ses portraits de femmes épaissiront le votre, vous façonnerez de ses pages vos amies les plus éclairées, vos amants les plus secs, vos frustrations les plus violentes. Ce sont des livres à voyager et à grandir, des pages à vivre et à partager.

 

« Une société qui trouve naturel d’étouffer autant d’énergies intellectuelles féminines avec les tâches domestiques et l’éducation des enfants, est sa propre ennemie et ne s’en aperçoit même pas. »

 

Partez ! Partez à la rencontre de Lénù !

 

« Mon père me serra la main comme s’il avait peur que je ne m’échappe. En effet, j’avais envie de le laisser pour aller courir, changer de place, traverser la route et me laisser renverser par les écailles brillantes de la mer. »

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