Les mots de Jules Verne

mercredi, janvier 17, 2018 2 2

 

J’aime beaucoup Jules Verne. Je prends toujours plaisir à monter à bord du Nautilus découvrir la bibliothèque du capitaine Némo sous les profondeurs marines, ou faire un petit tour en Montgolfière au dessus de profonds volcans. J’adore l’étudier, me rendre compte à chaque page de comment cet auteur avait compris l’avenir, l’avait décrit tel qu’il est en partie aujourd’hui. J’aime ses personnages moustachus en redingote, ses savants fous ou débonnaires, ses figures mystérieuses drapées d’ombre. J’étais impatiente de découvrir la Transylvanie en ouvrant pour la première fois Le château des Carpathes à l’occasion du #readingclassicschallenge2018. Je n’y ai pas trouvé le voyage escompté mais j’y ai passé un moment agréable.

 

« Cette histoire n’est pas fantastique, elle n’est que romanesque. Faut-il en conclure qu’elle ne soit pas vraie, étant donné son invraisemblance ? Ce serait une erreur. Nous sommes d’un temps où tout arrive, – on a presque le droit de dire, où tout est arrivé. »

 

Dans le Château des Carpathes on retrouve le charme désuet d’une narration d’un autre temps, où les personnages nous sont forcément pittoresques. On apprécie les rebondissements et la narration enchâssée : cette petite histoire du passé qui vient faire rebondir l’action présente et raviver notre intérêt un peu tiède. L’ambivalence entre surnaturel et rationalité propre au fantastique est rompue, et c’est bien dommage, au cœur même de la narration. On sent que le scientifique prend le dessus sur l’auteur qui ne peut s’astreindre à dissimuler ses découvertes et les partage, détruisant l’illusion du lecteur. On y manque définitivement d’un peu de magie.

 

« Château abandonné, château hanté, château visionné. Les vives et ardentes imaginations l’ont bientôt peuplé de fantômes, les revenants y apparaissent, les esprits y reviennent aux heures de la nuit. Ainsi se passent encore les choses au milieu de certaines contrées superstitieuses de l’Europe, et la Transylvanie peut prétendre au premier rang parmi elles. »

 

Je suis déçue de ne pas avoir trouvé le monstre fantastique redouté, froid et décalé, de ne pas avoir frissonné et de ne pas y avoir cru. J’aurais apprécié y découvrir des personnages sanglants mais originaux à la Thomas Fersen, ou quelque chose de tendrement humain à la Frankenstein. La narration reste cependant très bien construite et on aime les clins d’oeil au lecteur introduits par l’auteur, qui nous rappellent son immense talent de conteur.

 

« Le juif, le regardant s’en aller, hocha la tête, comme s’il avait eu affaire à quelque fou :
– Si j’avais su, murmura-t-il, je la lui aurais vendue plus cher, ma lunette !
Puis, quand il eut rajusté son étalage à sa ceinture et sur ses épaules, il prit la direction de Karlsburg, en redescendant la rive droite de la Sil.
Où allait-il ? Peu importe. Il ne fait que passer dans ce récit. On ne le reverra plus. »

 

Le Château des Carpathes est une lecture plaisante que je vous recommande si vous avez besoin d’un petit roman léger qui vous distraira sans vous empêcher de dormir. Je pense que cette oeuvre est davantage adaptée à un public plus jeune et moins exigeant, et je l’aurais moi-même plus apprécié il y a une quinzaine d’années.

 

 

Avez-vous déjà lu du Jules Verne ?

Quel est votre roman préféré de cet auteur ?

2 Comments
  • Elletmoi
    janvier 21, 2018

    Le chateau des Carpathes… je l’ai lu pendant des vacances pluvieuses en Bretagne ou en Normandie. J’en garde un beau souvenir littéraire plein d’imaginaire. La région mystérieuse et pleine de légendes. Un classique de la lecture jeunesse à découvrir. Joli blog, féminin et frais.

    • Votrefillecherie
      janvier 21, 2018

      Merci beaucoup. Je l’ai aussi lu en Normandie pour le coup 🙂
      Ce n’est pas mon préféré de Jules Verne mais cela reste une lecture agréable.

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