Les mots de J.D Salinger

mercredi, février 10, 2016 0 3
l'attrape coerus
Holden Caulfield n’est certainement pas le personnage le plus sympathique avec qui passer 250 pages, mais assurément le plus accrocheur. Il vous emmène déambuler en pleine vacuité new-yorkaise, tromper son marasme scolaire en accaparant votre attention. Il vous embobine de digressions verbales à n’aimer personne, de monologues à partir en fumée, consommés avec la rage de toute briser, la fatigue de tout dire et de n’arriver nul part, de taxis en cabines téléphoniques, raccrocher de n’être pas en forme.
 
« Les filles c’est comme ça, même si elles sont plutôt moches, même si elles sont plutôt connes, chaque fois qu’elles font quelque chose de chouette on tombe à moitié amoureux d’elles et alors on sait plus où on en est. Les filles. Bordel. Elles peuvent vous rendre dingue. Comme rien. Vraiment. »
 
On trouve chez Salinger une poésie que les autres personnages ne comprennent pas. Des canards de central parc au cheval d’un manège, Caulfield tourne autour de sa vie. Vynil brisé dans son ivresse nauséeuse, sa mélodie maussade arrive à nos yeux captifs. On se repaît de sa misanthropie, du quotidien blâmé de ce jeune lycéen qui attrape nos cœurs pour quelques heures, dans son ultime pulsion de nous retenir de tomber loin de l’instant présent.
 

«  Y’a eu d’autres collèges, d’autres endroits, quand je les ai quittés je l’ai pas vraiment senti. Je déteste ça. L’adieu, je veux bien qu’il soit triste ou pas réussi mais au moins je veux savoir que je m’en vais. Sinon c’est encore pire. »

 

On lit L’attrape-coeurs en buvant un schotch-coca et en écoutant Little Shirley Beans d’Estelle Fletcher.

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« Tout ce que je sais, c’est que tous ceux dont j’ai parlé me manquent pour ainsi dire […] C’est drôle. Ne racontez jamais rien à personne. Si vous le faites, tout le monde se met à vous manquer »

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