Dix hommes qui m’inspirent

dimanche, juin 21, 2015 2 4

Après vous avoir parlé de dix femmes qui m’inspirent, voici le tour des Messieurs. En cravate ou en baskets, des destins et des mots pour engrosser le monde.

 

10hommes

 

Alexandre Le Grand pour sa démesure, son ambition vertigineuse, son utopie de multiculturalisme. Son destin incommensurable sous le souffle de Bucéphale, son aplomb à être, son appétence insatiable.

 

Walt Disney pour avoir animé le rêve, subjugué des générations entières, coloré de fantaisie les écrans de cinéma et de télévision.

 

Aimé Césaire pour ses mots d’Outre-mer qui se sont fait entendre. Son écriture chaude et violente, négritude viscérale. Cette terre qu’il nous martèle, poussière éteinte d’un passé qu’il faut exhumer.

 

Frantz Fanon pour avoir fait tomber le masque blanc des peaux noires.

 

Malcom X pour son indispensable colère et son apaisement salvateur. Son courage aveugle et sa raison clairvoyante. Pour ses discours, qu’il faut lire, et dont il faut apprendre la rage de devenir tolérant.

 

Harvey Milk pour s’être imposé en politique avec un sourire large de bienveillance. Avoir exposé publiquement l’évidence que l’amour n’a pas de sexe.

 

Jim Morrison pour m’avoir ouvert les portes de la perception, celle d’une adolescence éthylique et poétique, pleine de ferveur et de cris de papillon. Serpent charmeur de cuir et de whisky, s’insinuant dans nos oreilles pour nous faire prendre le monde à l’instant.

 

Massoud et ses rêves d’architecture, ultime espoir de l’Afghanistan. Lion du Panshir dont les épaules n’ont jamais ployé sous le poids d’un pays qu’il aurait pu sauver. Pour sa sagesse, sa foi qui assumait son féminin, son ouverture sur un monde qui depuis s’est refermé.

 

Accent de mon enfance, Akhenaton a le timbre cultivé, porteur d’Histoire et de bonnes vibes, sur lequel j’ai dansé le MIA et rappé inlassablement Petit frère. Un artiste et homme admirable, dont l’autobiographie Face B est une fenêtre ouverte sur la naissance de la culture Hip Hop.

 

Danseur, rappeur, acteur, écrivain, poète, icône indétrônable du rap, Tupac Amaru Shakur est l’orateur d’une réalité qui dérange. Enfant des Blacks Panthers il trouve dans le Hip Hop son propre support d’expression et d’activisme. Talentueux, cultivé, charismatique, magnétique, Tupac est le sourire immortel d’une conscience artistique et politique assassinée.

 

 

Et vous quels sont les hommes qui vous inspirent ?

Un tour de jupon sans ordinateur

lundi, avril 27, 2015 2 2

tourbillon

 

Trois petits tours et puis s’en vont !

Votrefillechérie va faire tourner son jupon loin de son ordinateur pendant deux semaines. Une pénurie de mots est donc annoncée durant cette brève période de déconnexion printanière. Une courte absence bientôt comblée par un tourbillon de chroniques littéraires sur Chimamanda Ngozi Adichie, Françoise Sagan, et des coups de coeur du dimanche toujours plus pêchus !

 

Je vous laisse deux indices musicaux sur mes destinations de vacances :

 

Périple numéro 1 avec Sinsémilia.

Périple numéro 2 avec Claude Nougaro.

 

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Le banc du roi

jeudi, avril 2, 2015 0 1

afrique

 

C’est un roi fauché assis sur un banc. Il a douze enfants et une retraite de cent euros mais c’est un roi, il a fait naître un trésor, sa seule richesse partie dans un autre pays. Tous les jours, très tôt le matin, il prend le taxi-brousse et vient s’asseoir sur ce banc, en face de son ancienne maison, il demande à le voir. Il l’attend assis. Sa mort s’impatiente de lui. Chaque matin il le réclame. C’est un vieux qui n’a plus toute sa tête, et le boubou neuf n’y fait rien, sur son banc il oublie la distance et le temps. Le présent s’est arrêté pour lui. Ses souvenirs sont élimés, rapiécés, retournés tant et tant de fois derrière ses orbites qu’il ne supporte plus y penser. Il réclame son fils, prince émigré. Et dans sa solitude il espère le revoir une dernière fois, le reconnaître avant de ne plus jamais s’asseoir, qu’il s’en aille léger de fierté. A cinq heures il prend le taxi-brousse, et du pays, il appelle son fils d’une douleur artérielle. Et la mort l’enlève le temps d’une sonnerie, dans l’écho d’un quotidien réglé par le travail. Il part dans l’attente.

 

[ Texte et photo de fond de tiroir – 2011 ]

On écoute Father and son de Cat Stevens.