Un tour de jupon sans ordinateur

lundi, avril 27, 2015 2 2

tourbillon

 

Trois petits tours et puis s’en vont !

Votrefillechérie va faire tourner son jupon loin de son ordinateur pendant deux semaines. Une pénurie de mots est donc annoncée durant cette brève période de déconnexion printanière. Une courte absence bientôt comblée par un tourbillon de chroniques littéraires sur Chimamanda Ngozi Adichie, Françoise Sagan, et des coups de coeur du dimanche toujours plus pêchus !

 

Je vous laisse deux indices musicaux sur mes destinations de vacances :

 

Périple numéro 1 avec Sinsémilia.

Périple numéro 2 avec Claude Nougaro.

 

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Le banc du roi

jeudi, avril 2, 2015 0 1

afrique

 

C’est un roi fauché assis sur un banc. Il a douze enfants et une retraite de cent euros mais c’est un roi, il a fait naître un trésor, sa seule richesse partie dans un autre pays. Tous les jours, très tôt le matin, il prend le taxi-brousse et vient s’asseoir sur ce banc, en face de son ancienne maison, il demande à le voir. Il l’attend assis. Sa mort s’impatiente de lui. Chaque matin il le réclame. C’est un vieux qui n’a plus toute sa tête, et le boubou neuf n’y fait rien, sur son banc il oublie la distance et le temps. Le présent s’est arrêté pour lui. Ses souvenirs sont élimés, rapiécés, retournés tant et tant de fois derrière ses orbites qu’il ne supporte plus y penser. Il réclame son fils, prince émigré. Et dans sa solitude il espère le revoir une dernière fois, le reconnaître avant de ne plus jamais s’asseoir, qu’il s’en aille léger de fierté. A cinq heures il prend le taxi-brousse, et du pays, il appelle son fils d’une douleur artérielle. Et la mort l’enlève le temps d’une sonnerie, dans l’écho d’un quotidien réglé par le travail. Il part dans l’attente.

 

[ Texte et photo de fond de tiroir – 2011 ]

On écoute Father and son de Cat Stevens.

Agréger les bouts de mon sommeil

mercredi, mars 11, 2015 0 2

sommeil

Il y a une araignée dans mon lit et un labyrinthe dans mon sommeil. J’allume et j’éteins la lumière pour attraper les picotements de ma peau comme mille petits insectes noctambules. Mes paupières sont tapissées de fiches bristol, les auteurs sont des claques qui claquent dans mon sommeil froissé. Je claque des dents, me tourne et claqu’apostrophe mon traversin.
 

Je n’ai plus d’effaceur pour corriger l’heure de demain.

 

 

Mots de veille du BAC 2009, anachroniquement actuels à quelques jours des épreuves d’admissibilité de l’Agrégation.
On écoute le titre des Doors qui a bercé mes années lycée : The End.