Dans ma valise il y a…

mercredi, septembre 20, 2017 0 1

 

Ma valise est partie et m’a laissée ici.

Elle est restée là-bas et continue de nourrir toutes mes passions, dans l’ombre d’un baobab surplombant mes six ans. Ma valise ne m’a jamais quittée.

Ma valise m’accompagne partout, elle est la promesse de mon retour en ces pays que je n’ai jamais vraiment quittés.

Ma valise est ma fenêtre ouverte sur un monde qui m’attend, et je suis courant d’air inspiré de loin, aspirant à cette viscéralité d’ailleurs qui, fidèlement, ne m’a jamais quittée.

 

Cette valise bigarrée à bouger, à ouvrir pour tout rencontrer, à toucher et chambouler en danses à se perdre. Valise insatiable d’ici et de nulle part, vivante et sans réserve aucune, frustrée d’être posée là, à attendre d’être emportée.

Regarde là,

Juste à côté de toi,

Je suis cette valise.

Lettre à ceux qui viendront

vendredi, juin 16, 2017 4 3

 

Comment sera l’homme, le prochain ?

 
Celui qui te mentira de toute sa sensualité, à exalter tes sens, à dépuceler ta naïveté, où celui qui ne vivra que de toi, à rétablir ton authenticité bousculée. Celui qui sera ton ami le plus érotique, à rire après coït, confidences ensemencées par la confiance légère et réciproque. Celui qui ne quittera sa femme que si tu veux bien le croire, et qui t’attend, et que tu désespères bientôt de mépriser. Celui auquel il ne manquera que ton amour, et celui qui sera trop loin pour t’assumer. Le conquérant, celui qui aura la patience d’endurer ton indécision, et l’autre, celui qui t’insultera pour un mieux trouvé. Celui qui aura les mots pour te blesser. Les mots pas le corps.

 

Ceux qui danseront, mais ne t’inviteront que sur une piste d’oreillers.

Tous sans paillettes mais connectés.

Ceux dont tu rêveras les bouches et les mains, les croisés dans la rue, ceux qui t’engonceront dans ton corps muet, à ne rien dire, à détourner les yeux. Ceux qui éduquent ton désir, le vrai.

Tous ceux pour qui tu n’auras nul orgueil.

Et celui dont le coeur, souffrira peut-être un jour de supporter l’abandon du tiens.

 

Ceux à t’exacerber à écrire,

Ceux à vivre,

Et surtout ceux à ne jamais les comprendre.

 

Tous ceux finalement, que tu as déjà rencontré, et qui te surprendront encore dans l’attente et l’abandon d’une passion à nous déborder, à perpétuer le verbe aimer.

Lettres à ceux

jeudi, juin 1, 2017 2 2

 

Ils sont tous d’un autre souvenir, d’une peau que je ne porte plus, d’une bouche qui leur est close. Il sont d’un passé devenu lointain, comme s’ils étaient de papier glacé, tournés du bout du doigt jusqu’à les écorner. Tous, des suivants pour oublier les ratés de si peu. Essayer en neuf.

 

Ne vivre que du corps présent, du baiser lacuneux ou du coup de rein à me réveiller, à taper contre mes portes ouvertes. Vos bouches, vos torses, vos fesses et vos mensonges bandés entre mes mains serrées, sont là, dans le don de moi du moment, agrippés à un autre dans cette illusion d’unicité.

 

Dans le débordement d’être vraie, je vous ai tous aimés.