Autofiction

lundi, novembre 12, 2018 0 0

 

Avec ton empathie sans mesure

Avec tes yeux à tout te montrer

Ta tolérance à tout comprendre

Tu as ouvert mon cœur à l’honnêteté

Tu as ouvert mon cœur à aimer.

 

Mais tu n’as qu’une place, à l’intérieur,

soustraite à mon quotidien.

 

Pour toi pas de mots, de temps ou d’existence,

que grappillés entre deux de mes obligations.

Pour toi pas d’efforts, de mensonges ou de tendresse,

mais une vérité qui se dénude, conforte puis blesse,

ta bienveillance béante.

Pour toi pas d’imprévus,

Pas d’espoir,

Pas de passion.

Même ton nom n’est partagé à personne

Ravalé

Gardé pour ce « nous » qui n’existe qu’après tous les autres battements de ma vie.

 

Tu es reléguée à l’intérieur

Remisée au plus sincère

Refoulée au plus vrai

Et tu n’existeras jamais que dans cet indicible

Dans cet aveu de vulnérabilité inenvisageable

Dans cette absence de choix

Que tu ne demandes pas mais qui t’useras

petit à petit

Toi qui me cries

Moi qui t’empêche

Et ne donne aucun écho à ton intuition réitérée d’être là.

A ton contentement sans envergure

jeudi, septembre 20, 2018 0 1

 

Est-elle belle ?
Ta femme aux yeux qui ne me voient pas, aux mains qui ne touchent que toi.

Est-elle belle ?
A partager une autre vérité, celle dont je suis exclue, l’officielle.
Celle des mots que je ne pourrais jamais te dire mais que tu attends comme un enfant, en sourires carnassiers pour tout prendre et ne rien donner.

Et qu’importe sa couleur ou l’épanchement de ses cils baissés.
Qu’importe son nom si elle t’a sacrifié sa fidélité, qu’importe que je la connaisse puisque je n’existe pas.

Je vous souhaite l’aveuglement. A elle surtout. Ne pas connaître la désillusion d’une rencontre escamotée, la béatitude d’un quotidien en trompe l’oeil sous les regards conciliants des proches sans applaudissements.
Je te souhaite ce contentement sans envergure qui t’emprunte déjà à une vie entière, comblé d’être vrai.

Matière

dimanche, juillet 29, 2018 0 1

 

Mots en écailles à vieillir sous la pluie, délavés d’attendre.

Écorce effritée à nos regards qui s’y frottent.

Carapace craquelée en syllabes qui tombent comme les saisons qu’on tourne.

Peaux poreuses en histoires offertes aux passants.

Cacophonie atone sous le ruissellement de notre imaginaire.

Pluie d’impressions en ma langue de bois.

En petites touches.

Frappe.