Lettre à ceux qui viendront

vendredi, juin 16, 2017 4 2

 

Comment sera l’homme, le prochain ?

 
Celui qui te mentira de toute sa sensualité, à exalter tes sens, à dépuceler ta naïveté, où celui qui ne vivra que de toi, à rétablir ton authenticité bousculée. Celui qui sera ton ami le plus érotique, à rire après coït, confidences ensemencées par la confiance légère et réciproque. Celui qui ne quittera sa femme que si tu veux bien le croire, et qui t’attend, et que tu désespères bientôt de mépriser. Celui auquel il ne manquera que ton amour, et celui qui sera trop loin pour t’assumer. Le conquérant, celui qui aura la patience d’endurer ton indécision, et l’autre, celui qui t’insultera pour un mieux trouvé. Celui qui aura les mots pour te blesser. Les mots pas le corps.

 

Ceux qui danseront, mais ne t’inviteront que sur une piste d’oreillers.

Tous sans paillettes mais connectés.

Ceux dont tu rêveras les bouches et les mains, les croisés dans la rue, ceux qui t’engonceront dans ton corps muet, à ne rien dire, à détourner les yeux. Ceux qui éduquent ton désir, le vrai.

Tous ceux pour qui tu n’auras nul orgueil.

Et celui dont le coeur, souffrira peut-être un jour de supporter l’abandon du tiens.

 

Ceux à t’exacerber à écrire,

Ceux à vivre,

Et surtout ceux à ne jamais les comprendre.

 

Tous ceux finalement, que tu as déjà rencontré, et qui te surprendront encore dans l’attente et l’abandon d’une passion à nous déborder, à perpétuer le verbe aimer.

Lettres à ceux

jeudi, juin 1, 2017 2 2

 

Ils sont tous d’un autre souvenir, d’une peau que je ne porte plus, d’une bouche qui leur est close. Il sont d’un passé devenu lointain, comme s’ils étaient de papier glacé, tournés du bout du doigt jusqu’à les écorner. Tous, des suivants pour oublier les ratés de si peu. Essayer en neuf.

 

Ne vivre que du corps présent, du baiser lacuneux ou du coup de rein à me réveiller, à taper contre mes portes ouvertes. Vos bouches, vos torses, vos fesses et vos mensonges bandés entre mes mains serrées, sont là, dans le don de moi du moment, agrippés à un autre dans cette illusion d’unicité.

 

Dans le débordement d’être vraie, je vous ai tous aimés.

Vivre avec une maladie chronique épisode 4568

dimanche, janvier 8, 2017 0 1

Comment fait-on pour ne plus être malade, jamais ?

Comment fait-on pour s’aimer un jour, qui durerait au moins jusqu’au lendemain ?

Comment fait-on pour accepter d’être malade, et continuer pourtant le jeu de la vie normale ?

Comment endurer ce corps qui nous rejette, jusqu’aux yeux bleuis, jusqu’aux yeux qui ne sont eux-mêmes plus que viscères.

Vision inflammée d’un monde rouge de rejet.

Comment assumer à 25 ans de n’avoir plus aucune énergie, que celle coriace, du refus de l’échec, pourtant chronique ?

 

Tu tiendras, même si tu ne peux plus.

Tu tiendras, même si cela fait des mois que ton corps t’ordonne d’arrêter.

Tu tiendras, pour tes parents et pour ta formation, moins pour tes amis qui t’attendent déjà depuis trop d’années.

Tu tiendras même s’il faut tout t’interdire, s’il faut tout y perdre, toute ta joie, tout, sauf la face.

Tu tiendras même si tu n’arrives plus à respirer, seule, dans ce corps qui n’est pas à toi.

 

Tu tiendras, mais n’oublies pas que tu ne pourras pas encore aller danser.