Echo d’autrui

mercredi, juillet 4, 2018 0 2


Ce que je prends c’est ta solitude : écho de cul de bouteille partagée sur terrasse, dans l’embrassement de nos emplois du temps.
C’est ton espoir qui promet à mon illusion rabattue, ton sourire à ma bouche qui se refuse, ces promesses éculées.
Tu es gentil, dans ton impolitesse à me laisser glisser de tes doigts.
Dans ta véhémence sans ardeur et sans mensonge, qui se bombe déjà d’être deux, je me suis laissée filer.
Même sous l’apanage de tes doigts aveugles,
je ne suis pas là,
je suis à ce désir qui reviendra, sous un autre accoutrement que celui du souvenir.
Et je t’aime bien, mêlée de mon quotidien.
Et je t’aime tous, dans l’espace de mon insatisfaction.

L’orage de tes doigts

mercredi, mai 30, 2018 0 4

 

Je pense à toi et je trempe mon cœur serré de ton absence.

J’essouffle ce souvenir tendu dans mon dos, qui comble, tout chaud, ton espièglerie en voyage.

J’écoute ce roc rouler de ton sourire pour frémir jusqu’au fond de moi. Ta voix sur mes nerfs, de trop loin, ton accent qui m’enserre sans plus de distance que celle des mots. Et tes yeux à fondre, à dévorer les miens qui craquent aux commissures et s’ouvrent en la trahison béate de mon désir irrépressible.

Tu échauffes les murs poreux de mon abandon, palpite dans l’engorgement de mes confidences ravalées, mes vérités en chair mordue.

Ce sont tes mains qui glissent dans l’humidité de ma solitude.

Dans l’orage d’être à toi, je gonfle du grondement de ta cadence, je suis le rythme de ta volonté qui tonne, rit et ruisselle sur les vitres de mes paupières fermées.

Je suis offerte à t’aimer.

 

Crédit photo : Caen Street Photography

L’orgueil d’aimer

mercredi, mai 16, 2018 0 2

 

Tu n’as plus le temps d’écrire.
Ils t’en ont dépossédée, avec leur paperasse et leur plaisir.

Sous la tauromachie de leur promesse, tu t’es échinée pour un sourire qui n’est pas venu.

Sous leurs mains et leurs sexes à tout dominer, tu t’es essayée à la vulnérabilité. Pour quelques jours d’histoires bombées de galons ou de faiblesses à contenter, tu as remâché ton indépendance en des nuits blanches à les regarder, en des confidences à t’amouracher.

Pour une franchise indicible, une probité en œillades mâchées, tu as oublié tes mots. Les seuls à  faire des enfants, en syllabes et ponctuation, dans les yeux de ceux qui tiennent ton impulsion à être entre leurs paupières ouvertes.

Et tu restes offerte au pillage, sans plus de peine que l’illusion d’un renoncement.

Bienveillante pour leurs écarts, dans le gonflement de ton émancipation.

Ils reviendront et tu seras toujours là pour les accueillir, sans rancœur pour leurs mensonges de petits garçons, si étroits qu’ils tiendront tous contre ta sincérité.

Ton seul orgueil est d’aimer.

 

Crédit Photo CaenStreetPhotography