Les portraits de Genevieve Gaignard

jeudi, juin 8, 2017 0 3

 

Genevieve Gaignard se travestie pour illustrer son Amérique métissée, à son image d’enfant de la mixité. Elle se maquille des bouts d’identités pour un portrait d’humanité coloré. Des stéréotypes féminins pastels aux mis de côtés, des desesperate housewife aux excentriques queer, la photographe explore les territoires d’une Amérique cosmopolite ou la femme est surexposée, sexualisée, engoncée dans une ethnie ou sous une mise en plis. Avec un brio décalé elle rompt avec le convenu et le polissé.

 

« Une bonne partie de mon travail joue sur la notion du corps idéal, et essaye de défaire cette logique en utilisant le même langage de la beauté et du glamour. Les représentations figées des ethnies, du genre et de la beauté sont toutes dangereuses, et j’espère que mon travail parvient à pointer ces absurdités. »

 

Dans une société qui empêche le différent et dicte l’homogénéité, la pertinence de son travail se trouve certainement dans ce poids d’une identité à porter, dans cette solitude inhérente à chaque cliché. Chaque personnage comme un miroir de nos propres désunions.

 

 

On va déguiser nos humeurs sur son site

L’Afrique avec le Printemps des Poètes

dimanche, mars 5, 2017 0 0

 

Le Printemps des poètes a débuté hier, et cette année c’est le continent africain qui est à l’honneur. De quoi me donner l’inspiration pour ravir la curiosité de mes élèves. Je vous partage ma carte interactive de l’Afrique, sur laquelle vous trouverez des poèmes par dizaines, des artistes sculpteurs, photographes ou peintres, des danseurs et chanteurs… Des dizaines de merveilles à découvrir sur une carte unique ! Un joli support pour découvrir un continent souvent résumé à ses stéréotypes.

 

Bon voyage ! 

N’hésitez pas à m’envoyer vos coups de cœur de là-bas pour compléter ma carte !

Joséphine Baker par Catel et Boquet

dimanche, février 26, 2017 0 0

Catel & Bocquet nous offrent la vie de Joséphine Baker sur un plateau d’images et de mots, un plateau en planches de bois sous projecteurs. C’est une BD ambitieuse et conséquente, 564 pages pour raconter la vie de la reine du ragtime, ses déhanchés fruités, ses passions sulfureuses à construire son destin hors-norme, à danser du début à la fin dans la même grimace contagieuse à se rire du monde, à dévorer la vie.

 

J’ai toujours profondément admiré Joséphine Baker, son talent précurseur, ses luttes et convictions à tout déborder, son intégrité euphorique, son libéralisme sexuel, son engagement sans concession pour les autres, ses strasses et paillettes galbés, son charleston comme modèle de réussite… Elle a tout connu, tout touché mais jamais ne s’est abîmée sur les côtes d’un monde qui ne reconnaissait sa couleur que sous projecteurs. Reine d’un château d’humanité fêtarde et altruiste, dont elle détiendra toujours les clefs. Mère d’une tribu arc-en-ciel pour voir le monde en couleurs, tel qui devrait définitivement être : cosmopolite.

 

 

Il faut lire cette BD pour découvrir l’éternelle meneuse de revue et tomber sous son charme, où se conforter dans son admiration endiablée. Il faut offrir cet album magnifique, comme Les Culottées de Pénélope Bagieu, aux amoureux du monde pour conforter leur foi en sa beauté, en sa rotondité salvatrice.

On lit cette BD en écoutant Joséphine chanter, en la regardant danser avec une coupe de champagne.

 

L’avez-vous lu ? Ou d’autres albums de ces auteurs ?