Dix femmes qui m’inspirent

jeudi, janvier 15, 2015 0 1

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Au détour de la rivière de mon enfance j’ai d’abord croisé Pocahontas. La femme que je voulais devenir plus tard c’était elle. Courir à demi-nue dans la forêt, plonger de plusieurs dizaines de mètres de hauteur dans une lagune turquoise, monologuer avec un raton-laveur, mais surtout unir les peuples malgré leur différence d’épiderme. Dans cette même veine d’innocence juvénile, j’ai suivi avec exaltation les déboires scolaires et amoureux de Bunny Rivière, une collégienne écervelée, feignante, lâche et pleurnicharde qui possède le pouvoir du prisme lunaire pour se transformer en Sailor Moon et sauver l’humanité de méchants à la voix criarde.
 

Par la suite d’autres femmes sont entrées dans ma vie. Des vraies, avec des voix et des mots, des vies à couper le souffle, à bouleverser la mienne.
 
Joséphine Baker pour avoir forcé les portes en louchant, avec sa couleur de peau et ses grimaces, pour sa générosité en constante Résistance contre les travers de ce monde.
 
Colette pour sa pluralité. Pour avoir donné à la femme ses lettres de noblesse, pour la prodigalité de sa vie sulfureuse, pour le cadeau de ses mots à la hauteur de son génie.
 
Frida Kahlo pour son destin broché, sa rage de vivre en couleurs, ses peintures à ne jamais se relever.
 
Simone de Beauvoir pour ce qu’elle a osé faire d’elle-même et de la femme, n’être pas restée une Jeune fille rangée dans l’ombre de Sartre. Pour le mot féminin tout simplement.
 
Tina Turner pour s’être relevée d’une vie en gueule de bois. Magnifiquement rauque.
 
Rosa Parks et Angela Davis pour leurs sourires et leurs poings levés contre la ségrégation raciale, dans un bus, sous une coupe afro, et jusqu’à moi.
 
Impossible enfin d’échapper au groove de la femme la plus influente du monde actuellement, Beyonce à la carrière immaculée, dont le groupe Destiny’s child faisait déjà bouger ma perruque de Pocahontas dans ma chambre de petite fille.