Chagrin d’ami.e.s

dimanche, octobre 1, 2017 1 1

 

Tu courais nu sur la pelouse de mes parents au temps des tentes dans jardin. Nous nous sommes échangés nos mots en lettres et cahiers, dans nos agendas ou autour d’un verre de rosé. Tu es entré dans ma famille, tu es devenu mon frère, tu es devenue ma sœur. J’ai tenu tes cheveux emmêlés à ton chagrin et tu as dormi blotti contre moi quand le monde alentour t’éreintait. Tu étais aussi là pour l’euphorie, la tienne, à vouloir te faire chapeauter. Alors j’ai niché ta main dans la mienne pour nos nuits blanches et nos heures à extrapoler, nos films sur canapé et bars à s’ennuyer, mais ensemble. Nous avons tout commencé et nous nous sommes tout promis.

 

Et quand j’ai été malade tu n’es pas venu.

Ni à pieds, ni en bus.

Tu n’es pas venu.

Pas une seule fois.

 

Alors je me suis tue de trop de peine.

Et tout cela ne t’intéresse pas. Et tout cela ne t’a jamais touché. Tu ne m’as finalement pas connue. Je ne vais pas te manquer. Et mes yeux déçus se sont dessillés sur ce que j’appelais notre  amitié.

 

Maintenant tu as un enfant ou une barbe, mais tu ne te souviens plus de nous.

Maintenant je suis amputée de toi, mais tu restes, membre fantôme, une confiance à consoler.

1 Comment
  • Laurène
    octobre 2, 2017

    <3

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